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                                                                          RTL

                                                  

    Créée en 1931 dans le Grand Duché du Luxembourg où elle a le monopole de radiodiffusion, Radio Luxembourg possède un studio à Paris (le fameux 22, rue Bayard) dès 1931. Elle est ce qu'on appelle une radio périphérique (émetteur hors de France), échappant ainsi au monopole français.
Avant la guerre, la station est tout de même en concurrence avec les postes privés français comme Radio Cité, mais ces derniers sont nationalisés après la guerre et Luxembourg a alors le monopole de la publicité en France, les stations publiques n'en diffusant pas. La station connaît déja un grand succès.
    Mais en 1955 arrive Europe n°1, qui déroge elle aussi au monopole. L'audience de Luxembourg, qui est à cette époque une radio-spectacle (concerts, musique, théâtre...), est de plus en plus grignotée par Europe 1. Jean Prouvost, de Télé 7 Jours, arrive en 1964 à la tête de la station après en avoir acquis une partie du capital, et décide de rajeunir l'antenne pour reconquérir le public parti.
1966 : Radio Luxembourg devient RTL (Radio Télé Luxembourg) ; Jean Farran, rédacteur en chef de Paris-Match, en devient le directeur d'antenne. Les programmes sont dépoussiérés (on dit au revoir à Zappy Max et à la famille Duraton), et on recrute des animateurs vedettes. Mai 68 : RTL est rebaptisée "Radio Barricades"par le ministre de l'Intérieur, qui l'accuse de guider les manifestants pour échapper aux CRS. L'audience remonte légèrement.
Années 70 : RTL devient de plus en plus intéressante pour ses actionnaires, et de nombreux essais de prise de contrôle ont lieu. En 1974, Havas et Audiofina s'unissent et font voler en éclat l'ancienne majorité formée d'actionnaires français (Havas, Schlumberger, Hachette, le Figaro...).
    Au coude à coude avec Europe 1 à la fin des années 70, RTL prend la tête de la course au début des années 80. Cela fait aujourd'hui 20 ans qu'elle est leader incontesté en France. Sa recette : des informations bien ficelées, des programmes de divertissement populaire la journée, en général animés par des stars de la télévision.
    RTL connaît cependant un vieillissement de son audience et tente de rajeunir ses programmes en douceur. L'éviction de Philippe Bouvard à la mi-2000 a cependant été très mal perçue par les auditeurs, et une nouvelle direction a dû faire machine arrière début 2001.

                                                               Les logos de RTL ...

                      

                                                                        RTL 2                                                     

                                                                        

    En 1995, la CLT (RTL), redevenue propriétaire de "M 40", radio jeune qui ne décolle pas dans les sondages, décide de la transformer en radio ciblée adultes, car elle possède déjà Fun Radio pour les jeunes.
    Sans demander l'autorisation du CSA, M 40 devient "RTL 1". Le CSA met en demeure la CLT de revenir au programme M 40, sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'au retrait de l'autorisation d'émettre. Les émetteurs vont diffuser pendant quelques semaines un programme non identifié (c'est-à-dire ne diffusant le nom d'aucune radio sur son antenne), le temps de trouver un accord avec le CSA.
    C'est finalement "RTL 2" qui est autorisée. Europe 1 a en effet demandé de rejeter le nom "RTL 1" trop similaire au sien. Notons que "RTL 2" fait penser à "Europe 2", qui touche la même cible avec un produit comparable...
    RTL 2 est musicale (même la plus musicale des radios, selon une enquête), avec une programmation "soft rock", principalement des golds des années 80, mais aussi quelques titres plus récents et des nouveautés. Son audience est en constante progression depuis sa création.
    Début 2001, RTL 2 a recentré un peu plus sa programmation sur le "pop rock", avec plus de titres récents.

                                                           Les logos de RTL 2 ...

                                                                                       

                                                                   Fun Radio

                                                                

    Le 2 Octobre 1985, 6 stations locales NRJ (Montpellier, Bordeaux, Carcassonne, Toulouse, Nancy, Grenoble) et une station locale Chic FM (Nice) font cessession et forment un nouveau réseau baptisé "FUN". Ce putsch au sein même d'NRJ est l'oeuvre d'Éric Péchadre, Pierre Lattès (deux membres de la direction nationale d'NRJ)et Jean-Baptiste Blanchemain (directeur d'NRJ Montpellier). Comprenant qu'ils peuvent créer leur propre affaire, ils ont préparé ce revirement soudain dans le plus strict secret : même les animateurs des stations ne l'apprennent que le jour même. La diffusion satellite à l'époque inexistante, toutes les radios font leur propre programme, cependant dicté par Pierre Lattès depuis Paris.
    Bien développé dans le sud, FUN connaît cependant rapidement des difficultés financières. Elle est rachetée en septembre 1987 par le groupe Hersant, alors propriétaire du réseau Chic FM. Les deux réseaux fusionnent début septembre 1987 sous l'appellation "Fun Radio" (Chic FM, à peine réautorisée à Paris sur 101.9, diffuse immédiatement Fun Radio, sans en avertir la CNCL qui s'en inquiétera plus tard).
    1988 : 97 stations sont affiliées ou franchisées Fun Radio. Sans véritable concept, à part être la copie conforme d'NRJ, sa concurrente d'origine, son audience reste faible et ses comptes dans le rouge.
    L'arrivée de Benoît Sillard à la direction en octobre 1989 (et le départ des trois fondateurs) révolutionne la station : ayant le choix entre liquider la station, la revendre (NRJ est candidate), ou la relancer, il choisit la dernière solution, avec tout de même un sévère plan social. Il donne pour la première fois un véritable concept à la station : en 1991, Fun Radio débauche Arthur, alors inconnu, de Skyrock et le charge de relancer ses matinales avec une émission très provocatrice. L'audience décolle, on ne parle que d'Arthur dans les cours de lycée. Fun Radio atteint les 5% d'audience cumulée, un score historique.
    Mais Arthur, devenu célèbre, "lache" Benoît Sillard un an plus tard pour rejoindre Europe 1. Ce dernier trouve un nouveau concept importé des États-Unis : en septembre 1992 naît Lovin'Fun (à l'origine "Love Line"), libre-antenne sulfureuse animée par Difool et Doc, l'ami et pédiatre de famille de Benoît Sillard. Lovin'Fun fait encore accroître la popularité et l'audience de la station. Fun Radio est la radio la plus écoutée après 20h.
    Hersant souhaite cependant se séparer progressivement de la station : la CLT (groupe d'RTL) entre en 1993 dans le capital de Fun (59,07 % Hersant, 30.43 % CLT, 10,5 % Métropole TV). En 1994, Fun a 147 fréquences. La libre-antenne, désormais l ímage de la station, se développe tout au long de la journée. Musicalement, le rock prend le dessus : les libres-antennes osés et ce choix musical en font une radio "rebelle", avec un public très jeune (majorité de 15/20 ans). La radio engrange enfin des bénéfices, notamment après l'affaire Lovin'Fun (l'émission, menacée de censure par le CSA, est défendue par ses auditeurs et obtient gain de cause. La radio, qui a fait la une des quotidiens et a reçu le soutien de ministres, a ainsi bénéficié d'un véritable coup de pub qui lui fait dépasser les 9% d'audience quelques mois plus tard).
    La radio conserve son format, mais ce dernier finit par s'essoufler : Benoît Sillard a beau élargir la couleur musicale ("le meilleur mix") et réduire la libre-antenne, l'audience baisse, et l'auditoire reste déséspérément trop jeune pour intéresser les annonceurs. Benoît Sillard a sans doute réagi un peu tard, de plus beaucoup de ses réformes ont mal été interprétées par ses auditeurs. Ses mesures font aussi partir Difool, animateur vedette et directeur d'antenne, sur la concurrente Skyrock ainsi que d'autres animateurs, souvent présents depuis longtemps (Bill, aujourd'hui sur Europe 2).
    Le président ne prend pas la bonne direction en 1996 en voulant créer tout un système Fun, très coûteux : Fun TV (Fun Radio filmé) ou encore des cafés Fun qui n'auront pas le temps de voir le jour : Fun de nouveau dans le rouge, le patron est remercié en 1997 par la CLT et laisse place à Axel Duroux, PDG talentueux d'RTL 2. Celui-ci recrute Sam Z, star d'NRJ, en tant que directeur des programmes. La libre antenne est réduite à son minimum (fin de Lovin'Fun), et la programmation musicale est réétudiée : au bout d'un an, le format groove-dance est choisi, l'audience finit par se stabiliser. Axel Duroux part de Fun Radio en laissant une radio en forme, et gardant malgré tout son esprit d'origine. Certains regrettent cependant beaucoup la période "rebelle et grunge"de Fun Radio.

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